Bois Hardy : les élus répondent aux citoyens

user.username Nantes Métropole, le 31 mai 2022

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Dans le cadre du projet urbain du Bas-Chantenay, Nantes Métropole mène depuis 2017 une concertation sur le secteur du Bois Hardy. Après la remise d’un avis citoyen fin février, les élus ont apporté leurs réponses jeudi 19 mai.

Quartier industrialo-portuaire, le Bas-Chantenay va connaître une profonde métamorphose d’ici 2030. De la butte Sainte-Anne à l’ancien village de pêcheurs de Roche-Maurice, 200 hectares et 3 kilomètres de rives seront aménagés pour développer le quartier et l’ouvrir sur la Loire. Le projet urbain s’articule autour de cinq sites majeurs : la carrière Miséry, la cale Dubigeon, l’usine électrique, Roche-Maurice et le Bois Hardy. La première phase de concertation sur ce secteur de 4 hectares, engagée en 2017, a montré la volonté de développer un quartier faisant la part belle à la nature en ville et facilitant les rencontres entre habitants. Les citoyens ont également demandé de revoir à la baisse le nombre de 400 logements prévu initialement. Ces échanges ont conduit les élus à reposer les bases du projet fin 2019 en intégrant les enjeux de transition sociale, écologique et économique.

Un projet retravaillé avec les habitants

Une nouvelle phase de concertation s’est ouverte en mai 2021 avec un groupe de 28 habitants et usagers du quartier et trois représentants du collectif d’habitants du Bois Hardy. Après cinq ateliers comprenant des visites sur site et des temps de réflexion avec les acteurs du projet, l’atelier citoyen a remis ses préconisations aux élus fin février. Thomas Quéro, adjoint au maire en charge de l’urbanisme, Abbassia Hakem, adjointe de quartier et Delphine Bonamy, adjointe en charge de la nature en ville, ont apporté les réponses de la collectivité à cet avis jeudi 19 mai. « Nous avons travaillé sur une page blanche, le projet a évolué mais il reste un projet d’aménagement singulier qui garantit une vraie place du vivant, de la nature et du vivre-ensemble tout en contribuant à l’offre de logements de la Métropole », a indiqué Thomas Quéro en préambule de la réunion avec les membres de l’atelier citoyen.

Préserver les espaces naturels

L’espace de jardin sera sanctuarisé. Délimitée à l’origine à 4000 m2, la zone est passée à 12 800 m2 et sera inscrite au Plan local d’urbanisme métropolitain (PLUm). L’atelier citoyen souhaite y développer un projet de micro-ferme urbaine porté par l’association Cont’ou arts de vie et le collectif Initiatives plurielles. La collectivité réaffirme sa volonté de voir émerger un projet nourricier mais l’implantation de cette structure n’est pas envisageable pour le moment. « Le site ne permet pas d’accueillir techniquement cette micro-ferme, précise Thomas Quéro. La Ville et la Métropole ne sont pas propriétaires des espaces. Il y a également la question de l’accessibilité en eau brute et les sols sont en partie pollués, ce qui pose problème pour l’agriculture urbaine. » En réponse, la collectivité propose d’engager un travail pour définir un projet partagé sur le jardin. La programmation du site et de l’espace de rencontre sera travaillée dans le cadre de cette nouvelle offre de dialogue citoyen qui associera les membres de l’atelier et de nouveaux habitants et usagers.

Un bâti en cohérence avec son environnement

Le nombre de logements a été revu à la baisse. « Nous nous engageons à respecter une fourchette de 265 à 275 logements en fonction des besoins des projets, c’est une diminution importante car nous étions initialement sur 400 logements. » Nantes Métropole s’engage également à ne pas dépasser le R+5 sur les lots, à l’exception de deux bâtiments de bureaux en R+6 et R+7 en front de boulevard. La hauteur du bâti accompagnera la déclivité du site. Les citoyens demandaient la suppression de deux lots de maisons individuelles pour « assurer la continuité et la cohérence environnementale du corridor vert » de la zone humide à l’avenue des Alouettes. La collectivité maintient ces constructions pour « opérer une couture urbaine avec l’existant et répondre à la demande des primo-accédants ». « Ces cinq maisons au nord et trois maisons au sud ne segmentent pas le corridor », précise Thomas Quéro. Concernant le souhait de reporter l’ensemble du lot 3b vers le lot 2a pour protéger le vieux chêne, la collectivité assure que l’ombre du bâtiment n’aura pas d’impact sur l’arbre même dans des conditions d’ensoleillement défavorables. Il est proposé de reporter un seul étage vers le second bâtiment.

Un parking silo mutualisé est par ailleurs envisagé pour éviter les mouvements de terre des parkings souterrains.

Un pôle d’économie circulaire

Conformément aux attentes de l’atelier citoyen, Nantes Métropole souhaite donner la priorité aux services pour éviter l’effet d’aubaine qui pourrait amener les commerces à déménager sur le boulevard au risque de vider le centre-bourg. Par ailleurs, une programmation autour de l’économie circulaire est à l’étude. L’atelier citoyen propose un atelier de réparation vélo en lien avec les services aux deux-roues du parking mutualisé. Une dizaine d’entreprises intéressées par le projet urbain du Bas-Chantenay se sont déjà rapprochées de Nantes Métropole sur le sujet du réemploi.

Un temps public d’échanges sur le Bas-Chantenay, programmé à la rentrée 2022, permettra de restituer l’avis citoyen et la réponse de la collectivité. Le dialogue citoyen sur le jardin du Bois Hardy démarrera fin 2022/début 2023.

À la suite de la démarche participative, le droit de suite permettra aux citoyens et usagers de veiller à la bonne mise en œuvre des engagements pris par les élus. Des temps d’échanges et d’information permettront de suivre et enrichir le projet.