Quand la Conférence Permanente Loire rencontre l’auteur de la mise en récit « Le fleuve qui voulait écrire »

user.username Nantes Métropole, le 5 janvier 2023

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Composée d’élus, de gestionnaires du fleuve que sont le Grand Port Maritime Nantes Saint-Nazaire et Voies navigables de France, de 6 fédérations d’acteurs œuvrant dans des domaines diverses, la « Conférence Permanente Loire » veille à la bonne mise en œuvre des engagements Loire de la Métropole pris à l’issue du Grand débat « Loire Nantes la Loire et nous » de 2015.

Elargie et renouvelée au printemps 2021, l’instance est ouverte à une douzaine de citoyennes et de citoyens « ni acteurs, ni experts ». Installée pour deux années, le mandat comprend désormais l’exploration de nouveaux enjeux. Ainsi, lorsque Camille de Toledo, un des auteurs de la démarche « Parlement de Loire »  initiée à Tours, fait escale à l’Institut des Études Avancées de Nantes, c’est l’occasion d’un échange privilégié. Nul doute que cette rencontre sera restituée et discutée pour enrichir les avis que l’instance citoyenne exprimera dans son rapport annuel qui sera publié courant 2023.

REGARDS CROISÉS

« Le fleuve qui voulait écrire », mise en récit de Camille de Toledo

Camille de Toledo, écrivain, mène une réflexion sur les droits de la nature. De ce travail est né l’ouvrage « Le fleuve qui voulait écrire ».

Les Droits de la nature sont le prolongement du droit de l’environnement qui se développe depuis les années soixante, comme un droit protecteur où l’Homme (l’humain) est le protecteur de la nature. Depuis le tournant du siècle, des lois, des jurisprudences, des constitutions explorent une voie alternative : celle de la personnalité légale des éléments de la nature. Plusieurs fleuves ont ainsi été reconnus en Nouvelle Zélande, en Amérique Latine, et en Europe.

Fleuve et personnalité juridique…

De quoi parle t’on ? Une approche autour des rivières, des processus naturels, des écosystèmes, des espèces, des animaux, des formes animales singulières qui interroge la Conférence permanente Loire.

« Actuellement le champ investi par les chercheurs en droit explore ces différentes formes sans exclusive  » répond Camille de Toledo. C’est l’ensemble du bassin versant du fleuve qui est concerné. Cela ne remet pas en cause les autres gestions locales mais cela donne une incarnation, une altérité à la rivière pour dire ses valeurs propres et intérêts notamment de long terme. Sur le plan philosophique et symbolique, c’est un changement très puissant car il se rapporte à la prise en compte d’un être et non plus d’une chose.

Comment garder la diversité des regards, la pluralité des approches autour du fleuve ?

Peut-on éviter une ré-institutionnalisation appauvrissante ? Pour Camille de Toledo il s’agirait plutôt d’ajouter une voix : celle d’un acteur manquant jusqu’à présent, un acteur silencieux, pour autant vivant, qui est bien plus qu’une chose. La personne légale de la rivière permet de clarifier en ajoutant une entité dans le jeu des acteurs qui font la société (avec la nature). Cela change la perspective : la Loire, en ce cas, ne serait plus une chose, mais une personne avec des droits dans un monde de personnes avec leurs droits. Si l’intérêt général était parvenu à prendre en compte l’appréciation du temps long et des milieux, il n’y aurait pas besoin de passer par les droits de la nature.

Des questions nombreuses…

La Loire peut-elle ouvrir un compte bancaire ? Peut-elle être rémunérée pour les services qu’elle rend aux acteurs économiques ? Peut-elle suggérer la mise en place d’un parc naturel urbain métropolitain ? Les questions sont nombreuses et les réponses ne sont pas toutes évidentes et univoques. Camille de Toledo y répond en partageant les ambivalences et en soulignant que l’intérêt à faire ce pas paraît souvent l’emporter sur le risque à ne rien changer.

Prochaines réunions de la Conférence Permanente Loire (CPL) : le 17 janvier et le 9 février 2023

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