« La mobilisation forte des services dans des délais très courts devrait permettre une réponse à la hauteur des enjeux »

user.username Nantes Métropole, le 15 juin 2021

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Olivier Parcot est le directeur général des services de Nantes Métropole et de la Ville de Nantes.

Quelques semaines avant la réponse des élus à la convention citoyenne de Nantes, il nous explique l’impact de l’avis citoyen sur la manière de concevoir les politiques publiques et les actions prioritaires de la Métropole.

En quoi ce début de mandat est-il différent du précédent ?

Olivier Parcot : « Les services de la Métropole auraient pu se lancer dans la rédaction des politiques publiques et des plans d’actions 2020–2026 dès le mois d’octobre 2020, comme nous l’avions fait lors des mandats précédents. Compte tenu de la crise, nous avons suspendu la mise en œuvre classique d’un début de mandat et pris un temps d’écoute et de dialogue pour mieux inscrire les politiques publiques à 4–5 ou 10 ans dans ce nouveau contexte. La convention citoyenne est la pierre angulaire de cette année de fondation mais pas l’unique brique : nous avons aussi mené une démarche d’analyse sur le « temps long », rencontré des acteurs économiques, associatifs et organisé des temps forts, comme le Nantes Innovation Forum. Tout n’a pas non plus été suspendu : les élus ont acté des décisions que nous avons mises en œuvre comme la gratuité des transports le week-end, la baisse du prix des abonnements TAN ou la gratuité des bibliothèques à Nantes par exemple. »

Les citoyens ont remis leur avis aux élus le 11 mars dernier, comment les services s’en sont saisi ?

OP : « C’est d’abord un travail remarquable et approfondi de lecture de l’avis : l’ensemble des propositions ont été transmises aux différentes directions en fonction de leurs domaines d’intervention. Chacun a regardé en quoi concrètement l’action de son service pouvait évoluer pour y répondre. Nous avons organisé des séminaires transversaux d’élus d’une part et de services d’autre part. Cependant, entre le 3e confinement subit en avril et les ponts du mois de mai, l’instruction se fait dans un délai extrêmement court. Malgré cela, nous allons apporter des réponses circonstanciées à chaque proposition grâce à la mobilisation forte dans les services : nous devons être à la hauteur des attentes.

Quel type de réponses la Métropole peut-elle apporter ?

OP : « Je note d’abord que les aspirations des citoyens sont bien souvent concordantes avec certaines pratiques des services ou demandes faites par les élus : l’avis citoyen va donc contribuer soit à renforcer, à reformuler ou à reprioriser des intentions qui étaient déjà là. C’est le cas sur la nature en ville ou le consommer local, anticipés par la collectivité, très attendus par les habitants, ce que la convention valide fortement. L’instruction de l’avis fait émerger des actions nouvelles, qu’il nous faut intégrer dans nos plans d’actions et financer. Sur certains sujets, nous sommes aussi interpelés par des propositions compliquées à mettre en œuvre. Il faut expliquer pourquoi on ne sait pas faire tout de suite ou pourquoi on ne peut pas faire et parfois, apporter une réponse autre à cette attente. On voit bien l’intention, on la valide, mais nous avons une autre manière d’y répondre que celle que les citoyens avaient proposée. Là, je pense notamment à certaines questions d’habitat. Enfin, il y a des propositions qui ne sont pas de notre ressort mais de celui de l’État ou de la Région par exemple. Pour autant, nous allons quand même interpeler ces instances et suivre leur réponse.

Comment financer les nouvelles actions qui découleront de cette réponse ?

OP : « Toute action nouvelle sera intégrée dans la programmation, priorisée dans le temps, devra trouver une place dans les politiques publiques et sera financée dans la stratégie financière qui sera votée cet automne. Je donne donc rendez-vous à ce moment pour le détail. Sur le principe, si une nouvelle action nécessite des ressources nouvelles, soit on priorise, on abandonne des solutions obsolètes ou on en en reporte d’autres, soit on cherche de nouveaux moyens pour financer ces dépenses nouvelles.

Est-ce que cette convention citoyenne modifie la posture professionnelle des agents de la Métropole ?

OP : « Je dirais plutôt qu’elle renforce une posture professionnelle que nous avons déjà depuis plusieurs années avec la pratique des grands débats (Loire, Transition énergétique, Longévité) et une habitude d’instruction de propositions citoyennes. Ce qui est nouveau, c’est le caractère à 360° de la démarche qui embrasse beaucoup plus de services. Même si je constate que certains domaines n’ont pas été mentionnés dans l’avis comme la culture, le sport ou la mutation des champs économiques. L’autre apport, c’est l’approche par les usages et les modes de vie des citoyens, qui nous oblige à inverser notre lecture des politique publiques.

Légende photo : Olivier Parcot est le directeur général des services de Nantes Métropole et de la Ville de Nantes.