Comment renforcer l’engagement ? Les citoyens y réfléchissent

user.username Nantes Métropole, le 11 mai 2022

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Troisième rencontre ce samedi 7 mai pour l’atelier citoyen sur l’engagement solidaire proposé dans le cadre des Assises des nouvelles solidarités. Après « donner » et « recevoir », les citoyens se penchent sur la notion de « rendre ». Les débats touchent désormais au cœur des mécanismes de solidarité, les citoyens esquissent les premières solutions. Le 31 mai prochain, ils rendront leur avis aux élus nantais. Plongée au cœur de leurs inquiétudes, de leurs questions et de leurs espoirs pour plus de solidarité.

Petit tour de balançoire pour quelques-uns après le repas, un petit groupe profite du soleil dans la cour. « Allez les enfants, aujourd’hui pas le temps de faire la sieste ! » Dans la salle du centre de loisirs Accoord à la Manufacture, ce ne sont pourtant pas des enfants qui ont pris place mais les membres de l’atelier citoyen engagement ! Chargés de proposer des solutions pour renforcer l’engagement solidaire dans le cadre des Assises des nouvelles solidarités, ils débattent d’un sujet très sérieux. Mais ça n’empêche pas des moments conviviaux, de franche rigolade. Le groupe se connaît bien désormais…

Clip vidéo et chansons pour lancer les discussions

Si la première rencontre leur avait donné l’occasion de jouer sur les images de la solidarité, cette fois-ci, c’est avec un clip vidéo que les citoyens sont invités à rentrer dans le vif du sujet. Un clip publicitaire thaïlandais propose un cas d’école : «  Peut-on voler un médicament indispensable à la vie si on n’en a pas les moyens ? ». Chaque participant se positionne et le partage est clair : 4 personnes du côté «  Non, la violence n’est jamais la solution  », 14 citoyens qui rejoignent le camp du « La vie justifie tous les moyens ».

Par rapport à une très bonne cause, jusqu’où peut-on aller ? Le débat est engagé : « Pour moi, il ne faut pas répondre par la violence dans un cas conjoncturel, souligne un citoyen. Par contre, elle peut se justifier dans un cas structurel comme avec la résistance lors de la seconde guerre mondiale. » Un second réagit :« Non, d’abord, on agit, on sauve, et ensuite on recherche une solution  ». « Et pourquoi pas ameuter la presse plutôt que de voler pour faire cesser l’injustice ? » propose une participante. « En tout cas, il ne faut surtout pas aller vivre dans ce pays où il n’y a pas de sécurité sociale, !  » ajoute une autre.

Quels freins et quels moteurs pour plus d’engagement ?

Après la vidéo, place aux chansons solidaires : «  La chanson des Restos » par Les Enfoirés, «  L’hymne de nos campagnes  » de Tryo et «  Le Monde d’après  » de Suzanne. Une participante lance les explications de texte sur La chanson des Restos : « Je sais faire, j’ai un bac L ! « Moi, je », c’est un engagement personnel, « Ceux qui n’ont plus rien » : plus d’amour, plus de réseau, plus de famille. « On n’attend pas le grand soir », c’est tout le problème de la substitution à l’État qui aurait dû faire quelque chose.  »

L’ambiance est un peu défaitiste : «  L’engagement c’est lourd, ça pompe de l’énergie », « En plus, beaucoup de gens se fichent de la solidarité », «  Notre système d’éducation ne favorise pas l’engagement  », « On est dans une société très cloisonnée ». « Vous avez trouvé beaucoup de freins à l’engagement, remarque un des animateurs, vous n’auriez pas quelques idées de moteurs ? » Peut-être le festif, l’affectif, les projets collectifs ?

L’avis citoyen se construit

« L’addition de petits projets ne suffit pas, il faut prévoir une coordination plus large », souligne un citoyen. «  Et si on montrait les résultats concrets de l’engagement, ça donnerait peut-être plus envie d’agir, non ? » ajoute un autre.

« Avec tout ce qu’on vous a dit, vous pensez qu’on va réussir à répondre à la question confiée par les élus ?, s’inquiète un des participants, s’adressant à l’équipe d’animation. Il y a encore du pain sur la planche pour agencer les différentes idées, mais il reste aussi un dernier atelier, le 21 mai prochain.
Pour l’heure, chacun repart avec un petit devoir à rendre : apporter sa propre chanson solidaire. « On pourra en faire une play-list. » A découvrir les 10 et 11 juin au temps fort ouvert à tous des Assises des nouvelles solidarités.