Nouvelles solidarités : Comment mieux prévenir l’isolement des seniors ?

user.username Nantes Métropole, le 26 avril 2022

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Des bénévoles échangent en atelier à la journée « Prévenir l’isolement des seniors »

Ce 25 avril, la Ville de Nantes organisait une journée de réflexion et d’échanges pour « Prévenir l’isolement de seniors ». 170 habitants, bénévoles et professionnels, se sont retrouvés autour de conférences, tables-rondes et ateliers participatifs. Le résultat de leurs échanges et leurs propositions vont contribuer aux Assises des nouvelles solidarités qui se tiennent jusqu’en juin.

Lendemain d’élections présidentielles, 9H30. L’amphithéâtre est bien rempli face à Élisabeth Lefranc, conseillère municipale déléguée aux personnes âgées, aux seniors et à la longévité. « Se mobiliser si tôt et si nombreux, pour travailler sur l’isolement des seniors, moi je vous tire vraiment mon chapeau ! » La journée de réflexion et d’échange prend place dans le cadre des Assises des nouvelles solidarités, en lien avec la démarche Ville Amie des Aînés dans laquelle la Ville de Nantes s’implique depuis 2017. « Cette démarche nous aide à structurer nos politiques publiques autour du vieillissement qui nous concerne tous, poursuit l’adjointe. Juste un chiffre clé : à Nantes, plus de 50% des plus de 60 ans vivent seuls  », savoir comment mieux prévenir l’isolement des seniors mérite donc débat.

« La solitude des personnes âgées : une souffrance de haut niveau »

Conférences, tables-rondes d’acteurs se succèdent dans la matinée, animées par Angélique Giacomini, déléguée générale adjointe du Réseau Francophone des Villes Amies des Aînés. CCAS de la Ville de Nantes, Conseil Départemental de Loire-Atlantique, associations Petits Frères des Pauvres, Old’Up, Astrée, ADT44, Unis-Cité, ACCOORD, Orpan…tous expliquent leur approche et leurs initiatives pour prévenir l’isolement des seniors. «  L’isolement choisi n’existe pas et la solitude des personnes âgées est une souffrance de haut niveau  », souligne Magali Assor, des Petits Frères des Pauvres. De son côté, Guillaume Baudouin de Solipsy milite pour une éducation à la santé psychique pour mieux repérer et prévenir les crises : « En France, on parle de santé mentale, souvent associée à la folie. Il faut investir sur la bonne santé psychique au même titre que la bonne santé physique.  »

« Il faut lutter contre l’inexistence »

L’intervention de Jean-François Serres, à l’origine de la « mobilisation nationale contre l’isolement social des personnes âgées » est marquante. « En janvier 2020, 14% des français se disent touchés par l’isolement, 23% n’ont de relations que dans un seul réseau, familial, amical ou de voisinage. L’isolement social est donc un phénomène de masse ». Isolement social et vulnérabilité sociale se conjuguent aussi. Avec un impact sur la santé, la cohésion sociale et la démocratie : «  L’isolement social crée un déni de reconnaissance, un déficit de sécurité et une participation empêchée : ça n’est pas sans lien avec la montée du populisme. Après la lutte contre les inégalités, il faut lutter contre l’inexistence. » Il en appelle à une vision « écologique » du sujet : « L’écosystème relationnel de chacun est essentiel et nous sommes dans une société qui fragilise les relations sociales, par la numérisation notamment. Il faut réinvestir dans l’environnement social de proximité : ça ne se fera pas sans l’engagement de tous, citoyens, voisinage, bénévoles, commerçants… »

Référent de proximité, lieu de rencontre… des idées pour mieux prévenir l’isolement

Regroupés en ateliers participatifs autour de mots clés (Coopérer, Aller vers, S’engager, Proximité, Accompagner, Prévenir), les participants ont profité de l’après-midi pour esquisser des idées d’actions. «  On pourrait désigner un référent de proximité dans le micro-quartier ou l’immeuble, source d’information et de signalement  », suggère un groupe de bénévoles. «  Pourquoi ne pas imaginer une association de parrains qui soient les personnes de confiance indispensables à chaque personne âgée pour bénéficier d’un service de téléassistance ? », imagine un groupe d’habitants. « La ville du ¼ d’heure doit passer à la ville des 5 minutes pour les plus âgés avec les services indispensables dans un rayon très proche », soulignent des professionnels. Les propositions sont nombreuses, elles permettront d’enrichir les réflexions dans le cadre des Assises des nouvelles solidarités. Abbassia Hakem, adjointe aux solidarités et à l’inclusion sociale, conclut cette journée très riche : « J’ai entendu beaucoup de mots positifs sur un sujet pourtant difficile. Ce que je retiens, c’est que la médiation et l’être humain sont essentiels pour mieux lutter contre l’isolement des plus âgés. A nous de mieux anticiper désormais une ville qui facilite le repérage et prévient l’isolement ».