Le suivi de la qualité de l’air : 5 questions à…

Dialogue Citoyen, dans Déchets, propreté, Energie, climat et Environnement, nature, le 17 juin 2026

Kristan Cuny-Guirriec est ingénieur d’études à AIR PAYS DE LA LOIRE. Il est intervenu lors du webinaire du 27 avril 2026 avec Pauline Perié, chargée de mission transition écologique santé environnementale à Nantes Métropole. Retour sur cette intervention croisée à travers 5 questions pour bien comprendre les missions de l’association, le dispositif de surveillance et les modalités de suivi de la qualité de l’air et notamment l’information du public.



1. Pouvez-vous présenter Air Pays de la Loire ?

Air Pays de la Loire est une association loi 1901, agréée de surveillance de la qualité de l’air (AASQA) par le Ministère de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature. Indépendante, transparente, experte du sujet, elle assure la surveillance et l’information sur la qualité de l’air dans les Pays de la Loire. Son indépendance provient de la composition de l’association en quatre collèges distincts : un collège de l’État, un collège des collectivités territoriales, un collège d’industriels et un collège d’associations de protection de l’environnement et d’associations représentant les citoyens. Chaque collège dispose du même nombre de voix au sein de l’association ce qui garantit un débat fécond et indépendant. Air Pays de la Loire compte entre 35 et 40 salariés, à savoir des métrologues, des ingénieurs, des communicants et des modélisateurs.


2. Quelles sont les missions d’Air Pays de la Loire ?

Les missions de l’association consistent en la mesure de la qualité de l’air dans toute la région, assurée par plus de 31 sites de mesure (urbains, périurbains, de trafic, industriels et ruraux) et 82 analyseurs de polluants répartis sur le territoire régional avec une densité un peu plus importante entre Nantes et Saint-Nazaire. L’association dispose de moyens numériques de modélisation de la qualité de l’air pour compléter les autres moyens de mesure. Elle dispose également de systèmes de prévision de la qualité de l’air, ce qui permet d’informer quotidiennement sur l’état de la qualité de l’air du jour et du lendemain et d’alerter en cas de pic de pollution.


3. Comment est menée une étude d’impact d’un équipement, notamment Valo’Loire ?

Une étude d’impact se compose d’un volet mesures et d’un volet modélisation. L’ensemble du cadre d’étude de qualité de l’air suit les préconisations de l’Institut National de l’Environnement industriel et des Risques (INERIS) relative à la surveillance autour d’Installations Classées pour la Protection de l’Environnement (ICPE).

En amont des mesures, une étude de modélisation est effectuée afin de localiser les zones de retombées maximales des émissions, ce qui permet de déterminer les sites de mesure par la suite. Les paramètres de la modélisation tiennent compte à la fois des données d’émissions de polluants à la source de Valo’Loire en fonctionnement nominal, et des données météo de la station Météo France de Nantes-Atlantique.
Pour Valo’Loire, les sites identifiés et choisis pour les mesures sont la pépinière du parc du Grand Blottereau, le skate-park et le CASI-SNCF. Le site du cimetière de la Bouteillerie est utilisé comme site témoin, non influencé par les activités de Valo’Loire.

Suite à cette modélisation, l’évaluation de l’exposition de la population riveraine à la pollution est réalisée par une campagne de mesure sur le terrain en comparant systématiquement les mesures à la réglementation en vigueur au niveau national, mais également aux valeurs guides de l’OMS ; Les mesures permettent également d’évaluer l’éventuelle influence des émissions d’un équipement sur l’air environnant, sur les polluants mesurés en comparant ces mesures avec les moments où le site n’est pas sous les vents de l’industrie. Un « instant influencé » est donc comparé à un « instant non influencé ».
Deux périodes de mesures des polluants ont été considérées : une période estivale (du 26 août au 24 septembre) et une période hivernale (du 29 octobre au 25 novembre) représentant des conditions météo contrastées afin d’obtenir la représentativité d’une année entière.

4. Que mesure-t-on dans une campagne de mesure ?

Il ne faut pas confondre les émissions et les concentrations de polluants. Les émissions de polluants correspondent aux quantités de polluants directement rejetées dans l’atmosphère par les activités humaines (cheminées d’usine ou de logements, pots d’échappement, agriculture…) ou par des sources naturelles (volcans ou composés émis par la végétation et les sols) exprimées par exemple en kilogrammes ou tonnes par an ou par heure. Les concentrations de polluants caractérisent la qualité de l’air que l’on respire, et qui s’expriment le plus souvent en microgrammes par mètre cube (µg/m³). La qualité de l’air résulte d’un équilibre complexe entre la quantité de polluants rejetée dans l’air et toute une série de phénomènes auxquels ces polluants vont être soumis une fois dans l’atmosphère sous l’action de la météorologie : transport, dispersion sous l’action du vent et de la pluie, dépôt ou réactions chimiques des polluants entre eux ou sous l’action des rayons du soleil.
Les mesures réalisées par Air Pays de la Loire portent sur les concentrations atmosphériques de différents polluants : les concentrations en particules (PM10, PM2,5, dioxyde d’azote, dioxyde de soufre, monoxyde de carbone, mercure gazeux), les concentrations et les retombées de 10 métaux lourds, les concentrations d’acide chlorhydrique et l’acide fluorhydrique et les retombées de dioxines et furanes.

5. Comment les citoyens peuvent-ils s’informer sur la qualité de l’air et notamment les résultats de l’étude de qualité de l’air autour de Valo’Loire ?

Si l’activité principale d’Air Pays de la Loire est d’effectuer des mesures, l’objectif est bien sûr d’informer le public et les autorités compétentes par la publication rapide des résultats. Chaque jour, un indice de qualité de l’air est publié sur notre site internet (https://www.airpl.org). Notre rôle est aussi d’établir quotidiennement des prévisions des concentrations des principaux polluants réglementés (particules PM10 et PM2.5, l’ozone, le dioxyde d’azote et le dioxyde de soufre) du jour courant jusqu’à J+2. Il existe des seuils réglementaires spécifiques qui conduisent, selon la concentration mesurée ou prévue d’un polluant, au déclenchement de procédures préfectorales : le premier niveau – Information-recommandation – à destination des personnes sensibles et vulnérables, et le deuxième niveau – Alerte -, plus contraignant, à destination de l’ensemble de la population.
Tout citoyen peut s’abonner aux alertes pour recevoir quotidiennement les indices de pollution ou les alertes (air extérieur et pollen) :

https://www.airpl.org/newsletter


Enfin, des bilans annuels de la qualité de l’air et des rapports spécifiques sont également consultables sur le site internet. Le rapport sur l’évaluation de la qualité de l’air autour de Valo’Loire peut être consulté ici :

https://www.airpl.org/rapport/evaluation-de-la-qualite-de-l-air-dans-l-environnement-du-ctvd-valo-loire-campagne-2025