La nuit à Nantes : comment la rendre plus accueillante pour toutes et tous ?
Sortir boire un verre, assister à un concert, danser ou simplement profiter de la ville une fois la nuit tombée : ces moments de convivialité ne sont pas vécus de la même manière par tout le monde. Comment faire pour que davantage de personnes puissent participer à la vie nocturne ? C’était l’un des sujets au cœur du Conseil de la nuit réuni le 16 juin dernier.
Le Conseil de la nuit est un espace ouvert aux acteurs de la nuit, aux citoyennes et citoyens qui souhaitent contribuer aux réflexions sur les nuits nantaises. Deux rencontres plénières sont organisées chaque année, complétées par des groupes de travail et des ateliers sur des sujets précis.
Des projets pour explorer les nuits nantaises
La première partie de la rencontre de juin a permis de faire le point sur les neuf projets lauréats de l’appel à projets des Temps de la nuit. Culture ballroom, place des femmes dans l’espace public nocturne, récits radiophoniques, perceptions de la ville la nuit ou encore santé sexuelle : ces projets explorent différentes manières de vivre et de raconter la nuit.
Le projet Faire le jour sur la nuit, porté par l’ARDEPA, a notamment associé habitantes et habitants, chercheurs, professionnels et jeunes publics pour observer la ville nocturne, ses usages et les ressentis qu’elle suscite.
Deux nouveaux projets vont d’ailleurs voir la nuit très prochainement. C’est notamment le cas pour Les Noctiludes le 18 septembre !
La rencontre a également permis de présenter le label national Club Culture, créé pour mieux reconnaître les clubs qui jouent aussi un rôle de diffusion et de découverte artistique. Pour l’obtenir, les établissements doivent notamment justifier d’une programmation culturelle régulière et répondre à plusieurs critères concernant l’accueil des publics, la responsabilité sociale et environnementale ou encore la prévention des violences et harcèlements sexistes et sexuels.
À Nantes, le Macadam et le Warehouse font partie de la dizaine d’établissements actuellement labellisés en France.
Faire la fête avec un handicap : quels sont les freins ?
La seconde partie du Conseil était consacrée à l’accessibilité de la vie festive aux personnes en situation de handicap. Les échanges ont mis en lumière des obstacles qui ne se limitent pas à l’accessibilité physique des lieux : fatigue, manque d’informations, déplacements, imprévus, sentiment d’insécurité ou encore absence de personnel formé peuvent aussi rendre une sortie difficile, voire conduire certaines personnes à y renoncer.
Deux tables rondes ont réuni personnes concernées, associations, acteurs culturels, universitaires et professionnels de la nuit. Un constat s’en dégage : rendre un lieu accessible ne consiste pas uniquement à respecter des normes. L’accueil, l’information, l’accompagnement et la prise en compte de l’expérience des personnes concernées jouent également un rôle essentiel.
Un guide pour des nuits plus inclusives
Ces échanges s’inscrivent dans une démarche engagée dès 2024, à partir d’un témoignage entendu lors d’un Conseil de la nuit. Ensuite, le choix a été fait de partir des situations réellement vécues : pouvoir accéder à un lieu, s’y sentir à sa place, y rester et en repartir sereinement.
Ce travail collectif aboutit aujourd’hui à un nouvel outil : le guide « Pour des nuits plus inclusives ». Destiné à celles et ceux qui participent à créer des espaces de convivialité et de fête, il rassemble des constats et des pistes d’action issus du travail mené avec des personnes en situation de handicap et des acteurs de la nuit.
L’objectif n’est pas de proposer une recette unique, mais des pistes dont chacune et chacun pourra se saisir en fonction de son lieu, de ses pratiques et de ses possibilités d’action.
© Romain Boulanger pour Nantes Métropole
