Espaces publics non-sexistes : 4 projets lauréats pour expérimenter, avec et pour les habitantes et habitants

Dialogue Citoyen, dans Conciliation et usages des espaces publics et Ville non sexiste, le 11 mai 2026

Un banc, une place, un arrêt de bus… l’espace public n’est pas neutre : il influence la manière dont on se déplace, dont on se rencontre, dont on se sent — ou non — à sa place. À Nantes, la Ville et la Métropole font de l’égalité un marqueur fort de l’action publique et affirment leur ambition : garantir le droit à la ville pour toutes et tous. En 2025, des citoyennes, citoyens et acteurs du territoire ont fait des propositions pour des espaces publics non sexistes. Aujourd’hui, certaines de ces propositions vont pouvoir être testées grandeur nature.

Le 26 septembre 2025, l’appel à expérimenter «  Pour des espaces publics non-sexistes » a été lancé, dans le cadre du dispositif Nantes City Lab, en partenariat avec JCDecaux. Quatre projets ont été retenus pour être expérimentés sur le territoire métropolitain, à partir de juin 2026 et jusqu’à l’automne 2027.

Découvrez les 4 projets lauréats

Station Couleurs

Porté par le Collectif Tréteaux la Nuit (pilote), les associations CEMEA Pays de la Loire, NOSIG Centre LGBTQIA+ de Nantes, Les Faggots, la librairie Les Vagues et la sociologue Marion Tourrier-Léglise.

Station Couleurs est un projet de mobilier, inspiré du kiosque, pensé comme un nouvel espace public inclusif pour les personnes LGBTQIA+. Ce lieu a vocation à rendre visible la culture queer, à accueillir des animations saisonnières et à proposer des actions pédagogiques de sensibilisation aux différentes existences queer. Co-conçu et co-construit avec les habitantes et habitants, Station Couleurs sera installé en centre-ville de Nantes (lieu en cours de définition). Un appel à participation sera prochainement lancé pour mobiliser des bénévoles autour de la construction et de l’animation de cet espace.

Co-conçu et co-construit avec les habitantes et habitants, Station Couleurs sera installé en centre-ville de Nantes (lieu en cours de définition). Un appel à participation sera prochainement lancé pour mobiliser des bénévoles autour de la construction et de l’animation de cet espace.


Les Voies de l’Égalité

Porté par TWO POINTS, l’ADPS44, Clown en nez veille, Compagnons Bâtisseurs et Greenact.

Ce projet vise à accompagner les changements de comportements face au sexisme dans l’espace public. Il prévoit l’installation de quatre mobiliers d’affichage évolutifs dans le quartier prioritaire de Bottière Pin-Sec.

Co-créés avec les habitantes et habitants du quartier, ces supports permettront de recueillir et de valoriser des paroles, tout en servant de supports à des animations de sensibilisation. Les Voies de l’Égalité font de l’espace public un lieu d’expression, de dialogue et de pédagogie collective.


Parenthèses Enchantées

Porté par les associations Les Parenthèses Enchantées, Gueules de bois et le média Les Autres Possibles

Installé dans le quartier de Rezé Château, ce projet propose de réinventer le banc public à travers des modules de mobilier urbain pensés pour les adolescentes et adolescents. Les mobiliers (balancelles, agoras, assises face à face, roue ludique) encouragent le dialogue, la mixité et l’appropriation collective de l’espace.

Des messages de sensibilisation contre le sexisme et des verbatims recueillis auprès de groupes de jeunes seront intégrés aux installations, faisant de ces espaces des supports de discussion et d’émancipation.


Espace Papillon

Porté par la Samoa, Studio Boost et Ici Nantes.

Espace Papillon interroge les usages de l’espace public sous l’angle de la parentalité. Le projet prévoit l’ajout de modules à des bancs et mobiliers existants pour répondre à des besoins formulés par les parents : plus d’intimité à l’échelle individuelle (changer un enfant, allaiter, donner le biberon) et davantage de convivialité à l’échelle collective, avec des espaces de jeux et de partage.

L’Est de l’Île de Nantes est pressenti pour accueillir cette expérimentation, actuellement en cours de définition.


Un appel à expérimenter issu d’une démarche d’évaluation participative

Cet appel à expérimenter s’inscrit directement dans la continuité de la démarche d’évaluation participative «  Contre le sexisme, imaginons ensemble les espaces publics de demain », menée par la Ville de Nantes et Nantes Métropole entre septembre 2024 et avril 2025. Cette démarche, construite avec les habitantes et habitants, les usagères et usagers de l’espace public, a permis d’identifier 10 priorités structurantes pour concevoir et aménager des espaces publics plus égalitaires.

L’appel à expérimenter constitue ainsi une étape opérationnelle : il permet de traduire certains enseignements en solutions concrètes, testées in situ, au plus près des usages et des publics. Les projets retenus intègrent tous une méthodologie d’évaluation, fondée sur l’observation et le retour d’expérience des usagères et usagers, afin d’alimenter les politiques publiques de la Ville et la Métropole.

Expérimenter pour transformer durablement l’espace public

Une expérimentation consiste à tester une idée ou une solution directement sur le terrain, en conditions réelles, pour voir ce qui fonctionne et ce qui peut être amélioré. Elle permet d’essayer de nouveaux aménagements ou mobiliers avant de décider s’ils doivent être développés plus largement.

Face à des enjeux complexes, comme l’égalité dans l’espace public, l’expérimentation invite à faire autrement : observer les usages, écouter les retours des habitant·es, ajuster les propositions en cours de route. C’est une démarche d’apprentissage, basée sur l’essai-erreur, qui aide à vérifier des hypothèses et à prendre des décisions éclairées.

Mené dans le cadre de Nantes City Lab, dispositif d’innovation urbaine porté par Nantes Métropole depuis 2017 avec JCDecaux, cet appel à expérimenter permet aux acteurs du territoire (associations, entreprises, chercheurs, collectifs…) de tester des solutions innovantes au service.

Chaque projet bénéficie d’un accompagnement financier à hauteur de 50 % du coût de l’expérimentation, dans la limite de 25 000 € HT, ainsi que d’un appui méthodologique pour l’évaluation. À partir d’avril 2026, les projets seront déployés progressivement dans l’espace public. Un retour d’expérience collectif sera mené à l’issue des expérimentations afin d’évaluer leur capacité à répondre aux enjeux d’espaces publics non-sexistes et égalitaires, et à nourrir l’action publique de demain.