Conseil de développement : une nouvelle étape pour faire entendre la voix des citoyens
Le 2 octobre dernier, le Conseil métropolitain a adopté une délibération consacrée au renouvellement du Conseil de développement et à son fonctionnement. Après trois années d’expérimentation, cette instance citoyenne poursuit son évolution pour permettre aux habitantes et habitants de la Métropole de contribuer.
Trente ans après sa création, le Conseil de développement de Nantes Métropole franchit une nouvelle étape. Le 2 octobre, à l’ouverture du Conseil métropolitain, Anthony Berthelot, 5e Vice-président de Nantes Métropole1, a présenté une délibération visant à inscrire durablement son nouveau modèle dans le fonctionnement de la Métropole.
Historiquement espace de dialogue, de débat et de propositions, le Conseil de développement a connu une évolution importante lors du précédent mandat : d’un conseil composé en partie d’experts, il est devenu une instance principalement composée de citoyens. Expérimenté pendant trois ans, ce format a fait l’objet d’une évaluation qui a confirmé son intérêt. La délibération du 2 octobre vient ainsi conforter cette évolution démocratique et la place accordée aux citoyens dans l’élaboration des politiques publiques. « La délibération met en lumière l’ADN de la Métropole », explique Anthony Berthelot, 5e Vice-président de Nantes Métropole, maire d’Indre et délégué Proximité, relation aux communes et aux usagers, dialogue citoyen, citoyenneté métropolitaine et évaluation des politiques publiques.
« Le Conseil de développement n’est pas né de la loi, c’est même l’inverse : la loi est née de cette pratique d’aller chercher ces signaux faibles, ce regard citoyen plus près et croiser ces regards avec les politiques publiques pour avoir une réponse la plus adaptée. »
Il s’agit aujourd’hui, selon lui, de réaffirmer cette manière singulière de construire les politiques publiques avec les citoyens.
Un conseil de citoyens pour écouter et faire remonter les préoccupations du territoire
La particularité du Conseil de développement repose sur une gouvernance entièrement citoyenne et collégiale, sans présidence. Son rôle : faire émerger les préoccupations, les idées et les propositions des habitantes et habitants de l’ensemble de la métropole, afin de nourrir la décision publique.
Cette organisation laisse une place importante aux expériences vécues. Les citoyens ne sont pas sollicités uniquement pour donner leur avis sur des projets déjà définis : ils peuvent aussi interpeller la Métropole sur des sujets d’intérêt général et proposer des thèmes de réflexion.
Concrètement, trois grandes missions structurent son activité :
- L’appel citoyen, organisé chaque année, permet à toute personne de plus de 16 ans de proposer un sujet qui la questionne. Parmi les propositions ayant recueilli au moins 50 soutiens, les membres du Conseil de développement choisissent librement un sujet à approfondir et à transmettre aux élus.
- L’animation de démarches participatives permet de produire des avis citoyens sur des sujets proposés par la Métropole ou directement par le Conseil de développement, à travers les appels citoyens et les autosaisines.
- L’organisation d’événements publics, comme les conférences thématiques et l’Agora annuelle, ouvre le débat à un public plus large et favorise les échanges entre citoyens et élus.
Les contributions produites ont vocation à être instruites et débattues dans les instances politiques métropolitaines. Une manière de faire le lien entre la parole citoyenne et l’action publique.
La diversité des citoyens, une richesse pour le débat collectif
Le Conseil de développement repose également sur la pluralité des personnes qui le composent. Au 1er septembre 2026, son collège organisateur comptait 22 citoyens issus de neuf communes de la métropole. Sa composition est paritaire, avec 52 % de femmes et 48 % d’hommes, et intergénérationnelle.
Pour Anthony Berthelot, cette diversité constitue un apport essentiel :
« Le renouvellement du Conseil de développement permet de faire émerger de nouveaux visages, avec une diversité qui n’était peut-être pas celle d’hier. Il s’agit de donner toute sa place au regard citoyen, plutôt qu’à celui des experts.”
Il souligne également la diversité des âges et des horizons géographiques, ainsi que l’importance accordée à la parité dans la composition du collège organisateur.
Pour les citoyens eux-mêmes, cette pluralité permet de croiser des expériences et des points de vue qui ne se rencontreraient pas nécessairement autrement.
« Nous sommes avec d’autres citoyens, que nous n’avons pas choisis, on ne se serait sans doute jamais rencontrés sans ce Conseil de développement. Chacun vient avec là où il habite, l’âge qu’il a, le métier qu’il fait. Comme c’est très varié, cela représente pour une part la diversité de la métropole », témoigne une participante.
Cette diversité s’accompagne d’un fonctionnement horizontal, sans hiérarchie ni présidence, dans lequel les membres organisent collectivement leur activité et peuvent faire évoluer leurs règles de fonctionnement. Une organisation qui favorise l’écoute et la réflexion commune.
« La gouvernance horizontale nous permet de beaucoup plus écouter les autres. Elle permet une réflexion plus approfondie », souligne un citoyen. Une autre insiste sur la liberté de prendre la parole : « Cela me permet de me sentir légitime si j’ai des choses à dire, car il n’y a pas de hiérarchie. Il y a donc aussi une implication plus forte. »
Se sentir écouté et agir sur la vie métropolitaine
Au-delà de son organisation, participer au Conseil de développement représente pour ses membres une façon de mieux comprendre leur territoire et de prendre part à son évolution.
« Cela me permet de mieux comprendre les enjeux de la métropole et d’être plus active dans la vie de celle-ci », confie une participante. Une autre évoque « le sentiment de pouvoir faire des choses qui comptent, qui auront de l’impact et d’être écouté différemment ».
Ces témoignages font écho à l’ambition du Conseil de développement : donner aux citoyens les moyens de faire entendre leur voix, de confronter leurs points de vue et de contribuer aux réflexions qui orientent les politiques publiques.
Les contributions précédentes illustrent déjà cette volonté de faire le lien entre débat citoyen et action métropolitaine. À la suite des travaux sur la santé mentale des jeunes, la Métropole s’est notamment engagée à enrichir son guide sur ce sujet. Les propositions sur l’engagement citoyen, remises en juin 2026, constituent quant à elles une contribution majeure au prochain Pacte de citoyenneté métropolitaine.
Quels prochains rendez-vous pour participer ?
Le renouvellement du Conseil de développement s’inscrit dans une dynamique continue d’ouverture. Les citoyens qui contribuent aux avis sont recrutés à chaque sujet traité, à la suite d’un appel à candidatures public. Le collège organisateur, composé de 20 à 25 membres, est quant à lui renouvelé par tiers chaque année, pour un mandat de trois ans. Un nouvel appel à candidatures est prévu début 2027.
Dès l’automne 2026, deux sujets feront l’objet de débats et d’ateliers citoyens, jusqu’en janvier 2027 :
- Comment Nantes Métropole peut-elle agir pour plus de justice sociale et spatiale ?
- Mieux prendre en compte le deuil dans l’espace public et mieux accompagner les personnes endeuillées
Les habitantes et habitants qui souhaitent participer à ces réflexions pourront retrouver les informations et modalités de participation sur le site de la citoyenneté de Nantes Métropole.
Pour en savoir plus et participer : citoyennete.nantesmetropole.fr
1. 5e Vice-président de Nantes Métropole, Maire – Indre. Délégation(s) : Proximité, relation aux communes et aux usagers, dialogue citoyen, citoyenneté métropolitaine et évaluation des politiques publiques – Délégation territoriale
© Thierry Mézerette pour Nantes Métropole
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